De la résistance à l'adaptation
Pourquoi je protège mes images — et comment ma démarche a évolué
Première publication : octobre 2025 — Mis à jour : avril 2026
Si vous me suivez sur Facebook, vous avez peut-être remarqué que ma relation avec cette plateforme est depuis longtemps… compliquée.
En octobre 2025, j'avais annoncé le retrait graduel de mes photos originales de Facebook et Instagram. Ce texte expliquait pourquoi. Aujourd'hui, je veux vous dire comment ma démarche a évolué — sans renier les principes qui l'ont motivée.
Facebook, ou la fin de la conversation
Avec son algorithme capricieux, ses suggestions invasives et son bombardement d'IA générative, Facebook est en train de devenir un freak show indigeste. Ce n'est plus un lieu de partage : c'est une salle de miroirs, où chacun se reflète dans les contenus qu'un système choisit pour lui.
Le fait qu'en plus Meta entraîne ses intelligences artificielles avec nos photos, sans qu'on puisse réellement s'y opposer, est la goutte qui fait déborder le vase. Quand la création devient carburant pour des machines opaques, sans consentement, il n'y a plus de dialogue possible.
Mes créations ne sont pas des données
Mes images et mes textes sont ma création, pas des données pour entraîner des intelligences artificielles. Chaque photo que je partage raconte une histoire, capture un moment unique, traduit des heures de patience dans la nature. Ce sont des œuvres, pas du matériel d'entraînement pour des algorithmes.
Je souhaite qu'elles circulent dans un espace que je contrôle, avec vous, mes lecteurs, comme relais et témoins. Un espace où la valeur d'une image ne se mesure pas en likes automatiques ou en portée algorithmique, mais en connexions humaines authentiques.
Glaze
Après un mois de tests, j'ai intégré à mon workflow un outil qui change la donne: Glaze, développé par l'Université de Chicago. Glaze transforme subtilement les pixels de mes photos de façon à perturber les systèmes d'extraction de données visuelles utilisés pour entraîner les IA. L'image reste belle à l'œil humain (la photo couverture de cet article est passée par Glaze), mais devient inutilisable comme donnée d'entraînement. Voici un exemple ci-dessous.
À gauche, l'image originale passée par Glaze. À droite, une interprétation simulée — générée par une IA à ma demande — illustrant comment elle pourrait reconstruire l'image après apprentissage. La scène, l'intention et les éléments principaux restent reconnaissables. Mais les détails qui font la singularité de l'image perdent en précision et en cohérence.
Soyons honnêtes : Glaze n'est pas une protection absolue. Un voleur déterminé peut toujours utiliser une image, Glazed ou non. Ce que Glaze fait, c'est dégrader la qualité de ce qu'une IA peut en apprendre — rendre mon style moins précisément imitable, moins exploitable comme donnée d'entraînement. C'est une friction, pas un mur.
Mais c'est aussi un geste. Une façon de ne pas offrir mon travail sans résistance à des systèmes qui s'en nourrissent sans consentement ni compensation.
Cela me permet d'accompagner occasionnellement mes publications Facebook d'une image — non pas parce que j'ai changé de position, mais parce que Glaze m'offre une friction supplémentaire contre l'exploitation. Je privilégie toujours les liens vers mon site plutôt que la diffusion directe de mes photos. Les images originales, en pleine qualité, restent exclusivement sur mon site et dans mon infolettre.
Les photos originales, en pleine qualité, restent exclusivement sur mon site web et dans mon infolettre.
Content Credentials
En parallèle de Glaze, j'exporte mes photos avec les Content Credentials de Lightroom — un standard développé par la Coalition for Content Provenance and Authenticity (C2PA). Cette signature numérique intégrée à chaque fichier identifie l'auteur, la date et l'historique des modifications. Même si quelqu'un supprime ces métadonnées du fichier, la preuve reste accessible sur les serveurs d'Adobe via leur outil de vérification.
Facebook comme poteau indicateur
Un poteau indicateur n'a pas besoin de rester planté indéfiniment une fois qu'il a rempli son rôle. C'est ainsi que je conçois maintenant mes publications Facebook : elles signalent, orientent, puis disparaissent.
Au bout d'un mois ou deux, je supprime mes posts. Un contenu Facebook a presque toute sa vie utile dans les premiers jours suivant sa publication — après quelques semaines, il est algorithmiquement mort de toute façon. Le conserver ne sert ni mes lecteurs ni mon travail.
L'archive permanente de mon travail, c'est mon site web. Les échanges en profondeur, c'est l'infolettre et l'espace membre Autour du feu. Facebook indique la direction — rien de plus.
Ce qui reste inchangé
- Mes photos originales ne seront pas publiées sur Facebook — seulement des versions Glazed
- Les photos déjà publiées sur mon site restent telles quelles
- L'infolettre et l'espace membre Autour du feu restent le cœur de mon partage
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Ce texte est une mise à jour de l'article original publié en octobre 2025 sur Buy Me a Coffee, plateforme que j'ai depuis remplacée par mon espace membre.
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À propos de ma démarche
Explorer. Comprendre. Raconter.
Mon travail allie journalisme narratif, photographie documentaire et immersion prolongée sur le terrain.
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