Le vieux camp et la sorcière

Au bout d’un sentier se trouve un vieux camp de bois rond situé sur une pointe en goulot séparant un lac en deux. Il faut marcher plusieurs kilomètres à travers montagnes et forêt pour y arriver. Déjà vieux à l’époque, j’ai découvert ce camp dans ma jeune vingtaine. La légende veut qu’il ait été construit par un trappeur de la région. Depuis plus de 30 ans, j’y suis allé souvent, avec mon ami Yves, mes enfants, mes blondes, quelques ami(e)s, mon chien, mais le plus souvent, j’y suis allé seul.

Au milieu des grands espaces sauvages de la forêt boréale québécoise, le soleil d’après-midi inondant d’une chaude lumière le mur sud de la cabane, j’y ai lu les aventures de Paul Provencher avec un sentiment d’émerveillement et d’amour. Je m’imaginais parcourir avec lui les sentiers de portages ancestraux.

Ces derniers jours, Nathalie et moi y sommes allés. Je voulais inspecter le camp afin de voir s’il était dans un état me permettant d’aller y passer quelques jours.

Le soleil était bien haut dans un ciel bleu sans nuages. Après avoir préparé le lunch sur le feu de bois, on s’est installés, adossés au mur sud de la cabane. Le soleil tentait de réchauffer le vieux camp de trappeur malgré le froid cinglant, pendant qu’au loin, une sorcière de poudrerie valsait sur le lac pour se moquer de lui. Les arbres craquaient sous le souffle du vent d’hiver. De temps en temps, des cris de corneilles s’ajoutaient au concert.

J’ai envie de relire Paul Provencher...


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